dimanche, septembre 1

Lago Maggiore

Une fois n'est pas coutume, pour cet été 2013, nous nous destinons à une navigation en eau douce. Au moyen de la coopérative de bateau-partage sailcom.ch, nous embarquons sur un voilier  Comet 860, basé à Ronco, au bord du Lac Majeur.


Sur les hauteurs de Ronco, en direction du nord-est, on aperçoit Ascona

Situé à cheval entre la Suisse et l'Italie, le lac Majeur serpente du nord au sud et présente en grande partie un littoral accore avec le relief qui l'entoure. Il est donc relativement profond dans ses bords et se prête difficilement au mouillage en tout cas dans sa moitié nord.

Mais ce ne sont pas les petits ports qui manquent pour débarquer et découvrir les villages environnants.


Porto-Ronco

Monastère de Santa Caterina del Sasso

Arona vu depuis Angera sur l'autre rive

Le vieux port d'Angera

Jour de marché à Angera : chez le fromager

Toute voile dehors (spinnaker symétrique)

Marina d'Ispra

Une des îles Borromées : l'île du pêcheur

Amarrage de nuit à Feriolo

Génois tangonné au vent arrière

On dirait le sud...

jeudi, février 21

Andaman sea

Prends garde !

Pour cette navigation au royaume de Siam, nous décidons de relier Phuket à Langkawi (Malaisie). Le loueur nous proposa la formule "one way", ce qui nous a permis de découvrir le littoral thaï et ses nombreuses îles sur une courte période de dix jours.



Du haut du temple, vu sur la rive droite et le palais royal

Mais c'est d'abord par une halte à Bangkok que nous prenons la température du pays. Autour de sa rivière sont concentrées les principaux lieux historiques, dont les temples bouddhistes et le palais royal qui nous 
plonge dans l'empire du Siam raconté épiquement dans Ana et le Roi au temps des colonies.



Le palais royal actuel



C'est aussi le ravissement de la gastronomie thaï avec ces parfums de curry, coco, citronnelle et coriandre.

L'embarquement se fait sur un sloop de 32 pieds au Yacht Haven Marina situé au nord est de l'île de Phuket.
Notre première nuit se passe au mouillage à Koh Phanak où nous découvrons que l'ile est peuplée de gibbons relativement peu farouches qui ne s'inquiètent nullement de notre débarquement en annexe.

 Le lendemain, nous prenons la direction de Khao Phing Kan, site qui servit de décor au personnage de Ian Fleming dans son opus "L'homme au pistolet d'or". Le moins que l'on puisse dire est que l'eau a perdu sa limpidité depuis. Rendu célèbre par ce tournage, il devint une curiosité touristique qui n'a fait qu'augmenter la pollution des fonds marins. Ne vous donnez pas la peine de sortir votre équipement de snorkeling, on n'y voit rien à plus de trois mètres. Même la navigation est malaisée puisqu'il est impossible de repérer des têtes de corail immergées.


My name is Bond....James Bond.

Troisième jour, nous descendons vers le sud à destination de Koh Krabi. Nous découvrons un site très fréquenté par les touristes et ou beaucoup de thaï s'adonne au snorkeling. Mais, comme plus au nord, l'opacité de l'eau est décevante.



Jonque thaï croisant dans la baie de Phuket.

Nous ne nous attardons et décidons de poursuivre notre chemin avec l'espoir qu'en sortant de la baie de Phuket  nous aurons plus de chance avec la clarté des fonds marins.

Autre spot très fréquenté, l'île de Koh Phi Phi avec son relief circulaire et ses fonds turquoises servit au tournage du film "The Beach" dont le premier rôle fut joué par un certain Léonardo Di  Caprio. Nous assistons à un va-et-vient incessant de jonques délivrant leur cargaison de touristes "fast trip".
Marée basse à Koh Phi Phi nord

Bref, c'est sans regret que nous quittons ces îles hollywoodées.

Cap sur Koh Lanta qui contrairement à ce qu'on pourrait croire n'est pas l'île où a été tourné la série The survivors, même si la chaîne française TF1 en a gardé le nom. L'arrivée sur la côte-est, nous délivre la première bonne surprise, puisque le village dans lequel nous débarquons est d'un abord paisible et très accueillant. Certaines maisons sont construites sur pilotis ce qui permet d'avoir des restaurants avec terrasse et débarcadère pour l'annexe. 


Il n'en faut pas plus...!


L'île dispose également d'une station de carburant, mais non accessible depuis un bateau, donc sortez les jerricans.

Notre pilote automatique étant tombé en panne, le loueur nous a témoigné une très grande disponibilité en nous dépêchant deux mécanicien pour le réparer. Merci pour leur dévouement.


Le lendemain, nous prenons le large pour nous diriger sur Koh Rok ou plus connue sous le nom The Survivors' Island". Notre persévérance se voit enfin récompensée puisqu'à notre arrivée nous découvrons une eau limpide et préservée. Les deux îles séparées par une étroite passe  sont inhabitées, à l'exception d'une station de gardes côte qui exploite un camping et organise une veille en cas de tsunami. A la bouée, nous relevons un marnage conséquent d'environ 5 mètres, ce qui à marée basse fait surgir aux abords du bateau et de manière surprenante des têtes de corail. Bigre, il est peu recommandable de naviguer dans l'obscurité.



Enfin une eau claire !



Sunset pour les aventuriers de "Koh Lanta"


Après une cinquantaine de miles parcourus, notre bateau fait escale au Butang group.

Ce sont les dernières îles avant la frontière malaisiennes. Archipel réputé pour ses sites de plongée, la majeure partie des îles arbore une nature intacte et paisible. 

Notre débarquement sur Koh Lipe nous prouve une fois de plus que l'hébergement et la restauration en Thaïlande peuvent être à des prix incroyables.

J'ai le souvenir d'une salade mango thaï inoubliable, dans un restaurant tenu par une famille représentée par trois générations et dont l'entrée était chaque soir encombrée d'une foule de touristes attendant qu'une table se libère.



Bien que nous sommes en saison sèche, le temps est parfois à l'orage.

Notre croisière touche à sa fin puisqu'il nous reste une dernière traversée à faire pour rejoindre Langkawi et remettre notre bateau au loueur. Nous pensions partir la veille car nous devions impérativement remettre le bateau à midi au plus tard le lendemain. Mais cela impliquait d'écourter notre séjour à Butang, ce que nous regrettions. Nous décidâmes d'y rester la nuit et appareiller à l'aube, six heures pour parcourir une trentaine de milles nous paraissaient réalisables. Finalement, notre ETA fut respecté à la minute, sous réserve du décalage horaire que nous ignorions et qui nous fit rentrer dans la marina de Langkawi à treize heure locale.



Marina de Langkawi vu du télécabine survolant la jungle malaisienne




Treize heure.....et vingt cinq minutes à l'horloge du port !

vendredi, août 17

Le Morbihan

C'est au soir du 17 août 2012 que nous embarquons dans le port du Crouesty sur un Sun Osyssey de 38 pieds, tout neuf comme un œuf, sorti du chantier quelques mois plus tôt. Baptisé "Émeraude", c'est un dériveur intégral lesté qui, pensais-je, devait nous donner quelque liberté pour l'échouage à marée basse.

Mais les consignes de navigation du loueur ont vite refréné nos ardeurs, puisque à part le port de Sauzon, il nous était déconseillé de "beacher", sous peine d'ensabler le puits de dérive et de rendre celle-ci inutilisable.

Afin d'amariner l'équipage, je décidais de commencer notre navigation par le Golf du Morbihan, vaste petite mer intérieure qui n'a pas de houle, mais dont les courants sont impressionnants au moment du flot et du jusant.

Nous prîmes donc la direction de Vannes et pour notre première escale nous jetâmes l'ancre devant l'Île aux Moines. Lunch et baignade nous ont permis de savourer nos premières heures de vacances avec des températures estivales et une eau à 23 degrés.


Bel exploit, bravo Franck !


Puis, il nous a fallu remonter la rivière de Vannes pour arriver au plus tôt deux heures après la pleine mer afin de passer le seuil d'entrée du port à flot au bon moment. Une fois dans le canal du port, une place d'amarrage nous fut attribuée par ticket de telle manière que les manœuvres puissent être réduites au strict minimum, ce qui est appréciable.




Sept-Îles, celle-là précisément


La deuxième journée aurait dû nous porter vers Auray et nous faire découvrir la partie occidentale du golf, à l'opposé de Vannes. Malheureusement, un pont traversant la rivière du même nom nous en empêcha à cause de la hauteur de notre mât. Nous décidâmes de passer une journée de plus dans le golf et de mouiller aux abords de Sept-Îles.






Belle écoute sans barber
La troisième journée nous fîmes prendre la mer pour nous diriger sur Belle Île. Le petit temps régnant nous incita fortement à tâter du spi asymétrique, avec des empannages plus ou moins réussis, particulièrement quant à la voile avait une fâcheuse tendance à s'enrouler autour de l'étai. Bref, l'équipage apprécia moyennement que sa tranquillité fût troublée par des claquages de voiles et autres éclats de voix.



Un petit air d'Antilles...



Nous entrâmes dans le port de Sauzon en soirée, fermement décidés à nous embosser sur une zone d'échouage et à vivre cet instant aussi absurde qu'inutile qui consiste à dormir dans un bateau posé sur terre. C'est au rythme du Pictionnary et à coups de franches rigolades que nous  veillâmes jusqu'à une heure du matin, heure de la basse mer.


...ben ouais, c'est bien ce qu'on disait !
Et puis, à l'heure H, alors que certains craignaient que le bateau ne se couchât, il ne se passa rien : pas une vibration, pas un bruit. Seule précaution à prendre : les toilettes sont hors service.



Sortie du port de Sauzon

Dès la pleine mer le lendemain, nous décidâmes de naviguer en direction du Palais et de rentrer dans le port à flot. Mais la basse mer du milieu de journée nous obligea à naviguer à l'extérieur en attendant des conditions favorables. Finalement, ça n'est qu'en fin de journée qu'un cortège de bateaux se présenta dans l'avant port avec pour mission de se coller les uns aux autres, vu l'étroitesse des lieux. Dès que l'ensemble des bateaux  fut placé, il devint impossible d'en bouger un seul sans que cela ne nécessitât la présence de tout ce que le Palais pouvait compter comme marins.

Notre arrivée tardive ne nous permit pas de faire l'avitaillement de bord, ce qui le lendemain nous obligea à faire une halte dans l'avant port qui, en définitive, se révéla bien plus commode pour des déplacements impromptus.



"Il est bon, il est frais mon poisson !"


Puis, nous gagnâmes l'Île d'Houat, 10 miles plus à l'Est, et jetâmes l'ancre devant la plage de Tréac'h Salus (c'est du Breizh, ou du Breton si vous préférez).

Enfin, pour notre dernière journée, nous souhaitions fièrement faire notre entrée et pèlerinage dans le temple de la compétition nautique, à La Trinité sur Mer, où l'on a pu admirer de nombreux bateaux de course.

Et voilà déjà le temps du retour qui, selon Éole  se présenta sous la forme d'une dépression d'ouest. Elle nous mit du vent dans nos voiles, et surtout nous arrosa copieusement durant plusieurs heures.



Ouste la langouste, y en a homard !

vendredi, avril 20

New Providence

A priori, il est toujours suspect de se rendre sur une île comme New providence, puisque les nababs de la finance y réalisent, parait-il, de substantielles économies d'impôt. Quant à nous, c'est promis, nous n'irons pas créer de sociétés fantômes pour conjurer notre hantise du percepteur.

New providence abrite Nassau, la capitale des Bahamas, un archipel d'îles qui s'étend sur des centaines de miles au nord-est de Cuba. Rappelons qu'en 1492, le gênois Christophe Colomb pour la couronne espagnole y a découvert l'Amérique en accostant sur l'île de San Salvador, baptisée comme telle pour avoir épargné au valeureux navigateur, entre autres,  la mutinerie de son équipage.

Bahamas sunset

Aujourd'hui, la Nouvelle providence ne s'offre que si l'on a le sésame étasunien. Il nous a fallu donc faire escale à Miami, où, espérant récupérer du voyage, nous nous sommes aperçus dès le premier jour que nous tombions en pleine Gay Pride paradant pile poils à quelques encablures de notre hôtel, sur la fameuse Ocean Drive.

la Gay Pride bat son plein.

Coktails ocean drive, on ne fait pas les choses à moitié !


Peu de bases de loueurs se trouvent aux Bahamas. Il en est une ouverte par des québécois en 2007 qui nous a séduite et qui propose la découverte des Exumas depuis New Providence. C'est donc sur un Bénéteau 343, millésimé tantôt 2005, tantôt 2006, baptisé "Lady Marcelline " que nous embarquons le 20 avril 2012.

Pour notre première sortie, il nous faut donc parcourir une distance d'environ 35 miles pour rejoindre Highborne Cay,  l'île la plus au Nord des Exumas. D'emblée, en sortant de Haven harbour, nous sommes saisis par le contraste de développement qui existe entre New providence et sa petite soeur au Nord occupée par des résidences somptuaires et des hôtels de luxe, dénommée Paradise Island. Deux gigantesques pont routiers les relient l'une à l'autre. Mais au fait, pourquoi avoir construits deux ponts si rapprochés. Mystère ! Nous nous sommes promis d'en savoir plus et d'y faire une halte, mais se sera lors de notre retour.

Nous naviguons au 140° nez au vent et sommes obligés d'avancer au diesel. Puis, alors que nous  parcourons le banc à des profondeurs ne dépassant pas une dizaine de mètres, nous remarquons que notre sondeur diminue drastiquement pour s'établir à 2,50 mètres environ. Grand soliloque du skipper qui soudain n'en croit pas ses yeux et se précipite dans la descente après avoir mis le moteur au point mort. La carte annonce des récifs épars à 15 miles des côtes. Pas de doute, le cap est juste et nous n'avons pas d'autre choix que de traverser une zone de haut fond en veillant à ne pas percuter une "patate" qui au bout de quelques secondes apparaissent bien visible comme une tache brune à la surface de l'eau. Un quart d'heure de slalom hésitant s'en est venu à bout pour reprendre ensuite notre route dans des conditions normales.

Sous le coup des 18h00 heures, nous mouillons devant Highborne Cay, seule île aux alentours dotée d'une antenne relais de 300 pieds d'altitude, d'un mini-market et d'un distributeur de carburants. Le lendemain, voulant vérifier notre quantité exacte de carburant, nous décidons de faire le plein de diesel (on peut effet craindre de mauvaises surprises, lorsque précisément le moteur est indispensable).




Highborn Cay, entrée du port

Les chiffres de la colonne de carburant défilant, ils vont finalement se stabiliser à 7,1 unités. Compte tenu des heures moteur que nous venions de faire la veille, je me dis que cette consommation est étrangement basse. Et puis, quand le pompiste me présente son ticket, je comprends ma méprise et remarque que ce ne sont pas des litres, mais des galions, soit 28 litres manquants sur un réservoir déclaré de 75 litres, ce qui  nous donne une consommation décomplexée de plus de deux litres et demi l'heure. Bigre ! Avec un réservoir de cette taille et un seul distributeur à la ronde, il va falloir bien calculer...



Un tourmondiste au mouillage à Allan's Cay

Un mile au nord ouest de Highborne Cay sont situés les îles d'Allan's Cay, inhabitées et qui constituent un écrin pour une relative bonne protection au mouillage. Cet endroit nous a valu d'observer pendant une après-midi les pérégrinations d'un motoriste ne sachant comment lever son double mouillage à l'ancre, sous un vent relativement soutenu, et débarquant son équipage sur un bout d'île déserte, comme l'aurait fait un naufragé.

C'est au lendemain que nous quittons le banc pour naviguer dans les grandes profondeurs et rejoindre Warderick Wells Cay, parc protégé des Exumas et lieu où se trouve le quartier général des fonctionnaires qui  assurent cette surveillance. L'endroit, parait-il, n'a rien à envier à la Polynésie française. Six heures plus tard, après avoir parcouru 30 miles nautiques, nous arrivons à Emerald Rock. Nous découvrons que la procédure d'entrée y ait très stricte et que les bateaux arrivant n'ont pas le droit de naviguer dans le lagon sans en demander l'autorisation, sous peine d'une forte amende. C'est à la VHF qu'on nous demande de faire le tour de l'île par le banc pour rejoindre une autre zone de mouillage moins encombrée, ce qui nous oblige à faire un immense détour pour cause de tirant d'eau trop élevé.


Résidence bahamienne



Seule île à percevoir des taxes alors qu'aucune prestations n'est offerte (excepté un accueil radio plutôt martial), nous décidons de mettre les voiles (désolé!) et de rejoindre l'île la plus au sud que nous visiterons, à savoir  Sampson Cay. Jolie marina pour vacanciers fortunés, nous y découvrons de magnifiques yachts et, à l'intérieur de l'île, des petits lacs dégradant tous les bleus turquoises au rythme alangui des marées.


Marina de Sampson Cay


Puis, il nous faut reprendre la direction du nord vers Compass Cay que nous devons traverser de l'intérieur pour rejoindre un mouillage abrité. Ici point de chenal balisé ou de bouée, toute la navigation sur le banc s'effectue au gré des variations perçue à la surface de l'eau et grâce à une inclinaison optimale des rayons du soleil.


Navigation à vue sous les sunlights

Reprenant notre route vers Highborne Cay, nous faisons escale à Shroud Cay et décidons de découvrir la mangrove en remontant une rivière en annexe et dont l'accès n'est possible que trois heures avant et après la marée haute.

Retour à Highborn Cay, où un dernier passage à la pompe nous permet de constater que notre navigation à la voile n'a pas été négligeable, puisque comme à l'aller, seuls 7 galions ont suffit pour faire le plein.


Lagon intérieur aux Exumas

En fin d'après-midi, le petit port d'Highborn voit revenir des amateurs de pêche sportive qui ramènent des prises impressionnantes de dorades coryphènes, de thons et maquereaux. Il faut dire que les eaux des Bahamas ont la réputation d'être (encore) très poissonneuses. Tout un petit monde s'active afin de décharger les bateaux, peser les prises, parer les poissons, les vider, préparer les filets et les congeler afin de ramener en souvenirs de jolis trophées à sa famille et ses amis. En observant ce petit ménage, nous n'avons pu réprimer notre envie et avons eu l'outrecuidance de demander deux petits filets pour notre repas du soir. Aucune réponse ! Seuls les requins nourrices se sont gavés des carcasses jetées à la mer.


Daurades coryphènes remplissant les congélateurs des pêcheurs sportifs

Depuis quelques heures, la météo s'est lentement dégradée et une dépression importante s'est installée dans la zone Caraïbes. Elle détermine la fin de notre séjour qui se déroule sous une pluie diluvienne.

De retour à New Providence, nous en profitons pour visiter les aquariums géants de Paradise Island. La course en taxi nous fait comprendre que chacun des ponts est dédié à un sens de marche, ce qui semble être unique au monde et nous laisse perplexe sur la rationalité d'une telle conception.

Et puis les trombes d'eau se sont accentuées, à tel point qu'à l'aéroport de nombreux vols ont été annulés. Finalement, notre correspondance long courrier du soir nous a permis d'être placés en priorité sur le premier vol à destination de Miami. Au contrôle de la police frontière, une malheureuse pomme laissée au fond d'un sac nous vaut un retrait de nos passeports. Après quinze minutes d'attente, la fonctionnaire est venu nous expliquer qu'elle ne peut nous laisser rentrer aux États-Unis avec notre golden. Nous lui répliquons que nous ne sommes pas encore sur territoire américains et que nous avions l'intention de l'ingérer en attendant l'embarquement. Peine perdue, nous avons dû croquer le fruit défendu sous son regard inquisiteur.


Faniente sur la plage d'Highborn Cay

samedi, août 20

La Rochelle

Partis dès potron minet le 20 août 2011, il nous a fallu parcourir pas moins de 950 km pour enfin nous retrouver devant la "mer promise."

C'est au soir que nous embarquons sur Frères Coyotes, un Sun Odyssey de 36 pieds, amarré dans le port des Minimes de La Rochelle. Voilà un nom de baptême bien taillé pour son équipage composé d'une fratrie transgénérationnelle qui, excepté le skipper, découvre pour la première fois la navigation en mer.

Après une nuit bien réparatrice, l'équipage largue les amarres et part faire son premier bord en direction de la Pointe des Sablanceaux.  Premier mouillage à l'ancre, première sortie de l'annexe. Chouette le moteur démarre du premier coup ! Voilà une baignade agréable et bien délassante. L'idée nous vient même de rejoindre le bateau à la nage. Mais, la vigilance est de mise, car la marée à certains endroits provoque des courants de plusieurs nœuds. Heureusement que l'annexe vole au secours des plus hardis.




Dis, t'aurais pas vu passer un château de sable ?



Nous voilà partis pour Saint-Martin de Ré. Il s'agit de respecter le timing, car si le marin ne tient pas compte du mouvement perpétuel des marées, il ne fait en ces lieux pas ce qu'il veut. Il était donc impératif que nous nous présentions à l'entrée du port au plus tôt deux heures avant la pleine mer. Finalement, le zèle du skipper nous a fait arriver en bon dernier, dans un port plein à craquer et obligé de nous accoupler à un bateau de pécheurs proche de l'entrée.

Après une brève visite du port, nous nous sommes tous dirigés vers l'écailler afin de rassasier nos appétits d'orque.

Le lendemain, nous nous devions de ne pas traîner car il nous faillait faire une escale au Port des Minimes afin de changer une pièce du hors bord, avant de nous diriger vers notre destination du jour qui était l’Île d'Aix. Le vent soufflait de quinze à vingt nœuds et les quatre heures qu'il avait fallu la veille pour parcourir la même route, furent divisés par deux lorsque nous entrâmes dans le chenal des Mnimes.

En attendant le mécanicien, voilà que nos Frères Coyotes se démènent pour répondre au quiz concocté par le skipper, à la mode jeu télévisé Fort Boyard, mais bon sans les têtes de tigres de Felindra et toute la panoplie. Bref, des questions qui font travailler les méninges du style "Dessine-moi une bouée cardinale nord" (mais sans mouton, quoique ça va dépendre du vent...) ou "Si je navigue à 4 nœuds, combien de temps me faut-il pour rejoindre Boyard-Ville et le Fort ?"

Euh  ? Dis donc Tonton c'est pas encore la rentrée, hein !

16h00 déjà et départ pour l'île d'Aix où nous nous prenons une bouée afin d'y passer la nuit.

Dès le lendemain matin, branle bas de combat ! Nous nous apprêtons à assaillir picturalement The Fort Boyard, s'il vous plait.



Les Frères Coyotes




Tiens, serait-ce un pavillon de sa gracieuse Majesté ?





Projet d'hôtel avec héliport conçu par MM. Ventura et Delon dans "Les Aventuriers"


C'est finalement sur la plage des Saumonards que notre débarquement en Île d'Oléron aura lieu. Visite de Boyard-Ville et pause glaces auront eu raison de notre après-midi.

Mais la fin de notre séjour approche et il est temps que nous passions de la navigation côtière à une navigation fluviale afin de nous rendre dans la ville garnison de Rochefort. Pour cela, il nous faut remonter la Charente sur environ une dizaine de milles, et si possible dans le sens du courant, sous peine de ne pas pouvoir rentrer à temps dans le bassin à flot. Une remontée fluviale au cours de laquelle nous faisons la découverte surprenante de cet ancien pont transbordeur de 45 mètres de tirant d'air, classé monument historique, dont les deux nacelles suspendues à des câbles font traverser le fleuve aux passants.






Il faillait y penser.



Notre entrée dans le port de Rochefort s'est faite sans attendre, à moins que ce ne fût le feu vert de la capitainerie qui nous attendait.





Frères Coyotes à gauche et à l'aise dans un port peu encombré


On ne passe pas à Rochefort sans visiter son arsenal datant du 18 siècle à l'époque où français et anglais n'étaient pas très amis. 10'000 ouvriers y travaillaient dans les chantiers navals, produisant près de 300 bateaux. Les touristes peuvent y découvrir une librairie dans laquelle on a plaisir à revoir des ouvrages tel "Le radeau de la Méduse, Le viel homme et la mer ou les jurons du Capitaine Haddock"





Arsenal de Rochefort





De la pirogue au thé Lipton






Les Daltons


Les 4 mousquetaires





Et puis, ce qui anime Rochefort depuis plusieurs années, c'est la reconstruction de la frégate l'Hermione qui autrefois emmena La Fayette aux Amériques. Pour plus d'infos, cliquez ici !




L'Hermione en miniature...






et à l'échelle 1:1







Après l'exécution parfaite d'un nœud de pare-battage, nos Frères Coyotes ont dû finalement se farcir la devinette suivante du Père Fouras :



  1. C'est exagéré que de me demander
  2. Je suis nouvelle et invisible  à la fois
  3. Distrait je suis, si j'y suis
  4. Accompagné de miel et c'est déjà l'extase

Allez, dépêchez-vous de trouver le mot secret, sinon je balance la clef à la flotte...............

Trop tard !